Arlette Bonnardel en visite à l'école de Trescléoux le 8 juin 2006

Présentation de l'Imprimerie à l'école avec documents à l'appui le 8 Juin 2006: journaux de l'Echo de la Blaisance, linogravures... dans la salle de classe qui fût celle de ma mère: Jane Bonnardel.
Explications fournies sur cette méthode Freinet pratiquée par Jane et Paul Bonnardel en présence de Raphaël Pujade et ses élèves.
Arlette

Cliquez sur les photos pour les voir en grand.

Photo n°1: Présentation de la linogravure collée sur plaque de bois et son rendu papier. (voyage Trescléoux-Cannes les 7 et 8 Juillet 1952 avec nuitée dans l'imprimerie Freinet à même la paille transportée sur la galerie de notre car Pinet qu'il a fallu délester d'une partie des bottes pour le passage d'un pont près de Digne! Nous étions au-delà de 60 enfants et quelques adultes)

Photo n°2: Linogravure d'un lion sans support bois.

Photo n°3: Dans la main gauche une linogravure de chamois et de la main droite je fais le geste d'appui sur la presse que je décris. D'autres linogravures sont disposées sur une table derrière moi.

Photo n°4: Je présente et commente deux Echos de la Blaisance de Février 1947 et Décembre 1947

Photo n°5: Reconnaissance pour plusieurs des élèves de leurs oncles, grands pères, tantes jouant du "pipeau" que Paul Bonnardel mon père leur apprenait à faire s'exprimer dans tous les airs de chansons que l'on apprenait en classe. Tous les jours, mon père qui n'avait pas suivi des cours de musique, écrivait au tableau noir avec une élégance parfaite une portée de musique, avant l'heure de la classe et nous déchiffrions ensemble cette nouveauté et on peut dire que notre orchestre de pipeaux était agréable à entendre. Chaque élève quittant l'école après, soit l'entrée en sixième soit le CEP (certificat d'étude primaire) repartait avec son pipeau. Il m'est arrivé moultes fois de répondre à des amis restés à la ferme familiale aux questions musicales (bémol, pas bémol, telle ou telle note...) car leur plaisir était de rejouer les airs appris en classe.

Photo n°6: Observation plus approfondie des musiciens en herbe.

Photo n°7: Prise de notes sur plusieurs Echos de la Blaisance par les élèves de la classe.

Photo n°8: Mise en comparaison du lino et de la première page de couverture d'Avril 1951. Orchestre Paulet qui pendant de nombreuses années est venu animer la fête du village dite de la Sainte Agathe. Observation des creux et des pleins, de l'inversion des caractères et des personnages pour qu'après l'impression à la presse le lecteur lise sans se douter de ce travail minutieux et attentif lors du compostage des lettres et de la création de l'image. Tout ce travail, fait grâce au talent des élèves de l'époque!

Photo n°9: Je réponds aux questions multiples d'un petit groupe selon l'intérêt porté sur tel ou tel point; notamment reconnaissance de membres de leur famille sur la photo des flûtistes ou des Trescléousiens en vie ou disparus.

Photo n°10: Poursuite des questions réponses.

Photo n°11: Première et dernière de couverture pour l'Echo de la Blaisance n°1 de 1945, édité après la fin de la guerre (car pendant la guerre mon père avait été obligé de la cacher pour éviter en cas d'éventuelles fouilles par les Allemands ou la Gestapo d'être trouvée).
-Une page d'un Echo de la Baisance de 1952 relatant comment les élèves préparent à leur initiative l'anniversaire du maître pour ses 47 ans.
-Itinéraire du voyage de 1954 vers Marseille, le Château d 'If en bateau.
-Quelques autres linogravures très reconnaissables.

Photo n°12: Temps d'observation de chacun sur les sujets traités dans les Echos de la Blaisance (découverte pour certains d'articles et illustrations de leur grand père, grand oncle... avec étonnement et admiration!). Ils en font pour certains des photocopies pour rapporter ces précieux documents à la maison.

Photo n°13: Deux pages d'un Echo de la Blaisance avec: -un article sur la mort de mon chat par Janette Abert -relation  de la préparation du voyage à Cannes de 1952 (voir photo n°1 et les commentaires)

Photo n°14: Echo de la Blaisance de 1947: -planche de la linogravure du voyage à Cannes en 1952. Je fais remarquer l'état du support des linogravures collées sur les morceaux de planches que l'on trouvait dans les déchets de bois; nous étions habitués à tout ce que l'on pouvait récupérer (nous étions les enfants de la guerre!).

Photo n°15: Temps de réflexion et observation des élèves des journaux et documents.

Photo n°16: Plus de précisions sur les documents déjà vus photo 11: -une page d'un Echo de 1952 -une page de préparation d'itinéraire d'un voyage  de 1954. Tous nos voyages étaient intégralement financés par notre coopérative scolaire la plus importante du département grâce à nos activités théâtrales à Noël, notre tombola du nouvel an avec certains objets fabriqués par les élèves et dons de commerçants, de particuliers, la vente de nos Echos de la Blaisance aux Trescléousiens et autres, la cueillette du tilleul... et tenue des comptes par les élèves (président, trésorier, apprentissage de la tenue d'un budget) ce qui nous préparait à notre future vie d'adulte de façon concrète.

Photo n°17: Quelques Echos de la Blaisance dont celui de l'illustration de l'orchestre Paulet déjà évoqué photo 8.

Comme on peut l'observer sur l'ensemble des photos, j'ai trouvé une classe attentive, intéressée et même passionnée et il a fallu toutes les réclamations répétées du Maître Raphaël Pujade et des mamans venues attendre leurs enfants pour qu'ils quittent leur classe. Quant à moi qui suis toujours passionnée par les enfants émerveillés par ce que l'on peut leur transmettre de concret, j'ai eu un petit pincement au coeur d'avoir été trop jeune normalienne pour poursuivre l'oeuvre de mes parents et ce sont des "grands", des adultes que j'ai eu à former bien loin de mon village et dans différentes disciplines tout au long de ma carrière d'enseignante.
Ce fût un très bel après midi avec ces petits élèves de Trescléoux.
Arlette